Il est temps de rétablir les faits

Vous avez probablement entendu des opinions contradictoires sur la chiropratique. Peut-être qu'un ami vous a juré que son chiropraticien a changé sa vie. Peut-être qu'un membre de la famille a exprimé des doutes. Peut-être avez-vous lu des articles alarmistes sur Internet qui vous ont fait hésiter.

La chiropratique souffre d'une réputation erronée qui ne reflète pas la réalité scientifique moderne. Cette profession, qui aide des millions de personnes chaque année, est trop souvent jugée sur des mythes, des malentendus et des informations dépassées plutôt que sur les preuves scientifiques actuelles.

La vérité? La chiropratique moderne est solidement ancrée dans la science, démontrée sécuritaire par des données probantes, et essentielle pour un système de santé accessible et abordable. Elle repose sur trois piliers fondamentaux : la science qui guide le diagnostic, l'art qui raffine la technique, et une philosophie qui place le potentiel d'auto-guérison du corps au centre des soins.

Il est temps de démystifier cette réputation erronée avec des faits, des chiffres et des études publiées dans les revues médicales les plus prestigieuses au monde.

1. La chiropratique est basée sur la science

Les preuves sont irréfutables

Quand on parle de preuves scientifiques en santé, le standard d'or est l'essai contrôlé randomisé publié dans une revue à comité de lecture. La chiropratique possède ces preuves en abondance.

L'une des études les plus importantes à ce jour a été publiée dans JAMA Network Open en 2018 (Goertz et al., 2018), citée 119 fois. Cette étude pragmatique multicentrique a impliqué 750 militaires actifs aux États-Unis présentant des douleurs lombaires. Les résultats sont clairs. « Les soins chiropratiques, lorsqu'ajoutés aux soins médicaux usuels, ont résulté en améliorations modérées à court terme de l'intensité de la douleur lombaire et de l'incapacité chez le personnel militaire en service actif » (Goertz et al., 2018).

Concrètement, à 6 semaines, les participants recevant des soins chiropratiques rapportaient une réduction moyenne de la douleur de 1,2 points sur l'échelle numérique (intervalle de confiance 95% : -1,6 à -0,8). Ils avaient également une amélioration globale perçue significativement meilleure, avec un rapport de cotes de 0,18 (intervalle de confiance 95% : 0,13 à 0,25). Leur satisfaction avec les soins était également significativement plus élevée, avec une différence moyenne de 2,5 points (intervalle de confiance 95% : 2,1 à 2,8). Enfin, ils utilisaient moins de médicaments contre la douleur à 6 semaines, avec un rapport de cotes de 0,73 (intervalle de confiance 95% : 0,54 à 0,97).

Ce que disent les revues systématiques

Une étude individuelle est importante, mais les revues systématiques qui synthétisent des dizaines d'études offrent encore plus de certitude. Une revue majeure publiée dans le British Medical Journal (Rubinstein et al., 2019), citée 459 fois, a évalué les bénéfices et les risques de la manipulation vertébrale pour le traitement de la douleur lombaire chronique.

Les conclusions sont sans équivoque. « Des preuves de qualité élevée suggéraient que la manipulation vertébrale résulte en un effet statistiquement et cliniquement meilleur, petit à modéré, comparé aux interventions non recommandées à un mois » (Rubinstein et al., 2019). Des preuves de qualité modérée suggéraient que la manipulation vertébrale produit des effets similaires aux autres thérapies recommandées pour le soulagement de la douleur à court terme.

Selon LeFebvre et al. (2012), citée 70 fois dans PMC, « les résultats d'essais contrôlés randomisés sur les thérapies manuelles ont été publiés dans plus de 200 articles évalués par des pairs, et beaucoup de ceux-ci ont été synthétisés dans des revues systématiques et des lignes directrices basées sur les preuves ». La manipulation a été incluse comme option de soins efficace dans plusieurs lignes directrices nationales et internationales sur la douleur lombaire.

L'efficacité comparative

Une question légitime est de savoir comment la chiropratique se compare aux autres traitements médicaux. Une étude publiée dans Spine (Hurwitz et al., 2006), citée 141 fois, a randomisé 681 patients avec lombalgie entre soins chiropratiques et soins médicaux. Parmi les participants non assignés à recevoir de la physiothérapie ou des modalités, les améliorations estimées de la douleur et de l'incapacité et le risque de rémission complète à 18 mois étaient un peu plus grands dans le groupe chiropratique que dans le groupe médical, avec un risque relatif ajusté de rémission de 1,29 (intervalle de confiance 95% : 0,80 à 2,07).

Une étude comparative publiée dans Frontiers in Pain Research (Gevers-Montoro et al., 2021), citée 50 fois, conclut qu'« en résumé, la manipulation vertébrale peut être aussi efficace que d'autres thérapies recommandées pour la gestion de la douleur vertébrale non spécifique et primaire chronique, y compris les soins médicaux standards ».

2. La sécurité démontrée par les données

Les chiffres parlent d'eux-mêmes

La question de la sécurité est légitime pour toute intervention de santé. Heureusement, nous avons maintenant des données massives provenant de millions de traitements.

L'étude la plus impressionnante sur la sécurité chiropratique a été publiée dans Nature Scientific Reports en 2023 (Chu et al., 2023), citée 68 fois. Cette analyse rétrospective a examiné 960 140 séances de manipulation spinale chiropratique chez 54 846 patients uniques. L'hypothèse était que moins de 1 événement indésirable sévère (grade 3 ou plus) se produirait par 100 000 séances.

Les résultats ont confirmé cette hypothèse. « Parmi 960 140 séances de manipulation spinale pour 54 846 patients, 39 événements indésirables ont été identifiés, deux étaient de grade 3, tous deux des fractures de côtes survenant chez des femmes de plus de 60 ans avec ostéoporose, tandis qu'aucun n'était de grade 4 ou plus, donnant une incidence d'événements indésirables de grade 3 ou plus de 0,21 par 100 000 séances » (Chu et al., 2023).

Pour mettre ce chiffre en perspective, cela représente 2 événements sérieux sur près d'un million de traitements. Les deux cas identifiés avaient des facteurs de risque connus : âge avancé et ostéoporose. Aucun événement indésirable rapporté n'était permanent.

Comparaison avec d'autres traitements

Une revue systématique publiée dans PubMed (Gouveia et al., 2009), citée 193 fois, a évalué la tolérance et la sécurité des procédures chiropratiques. « La plupart des événements indésirables rapportés étaient bénins et transitoires, cependant, il existe des rapports de complications qui mettaient la vie en danger, comme la dissection artérielle, la myélopathie, l'extrusion du disque vertébral et l'hématome épidural. La fréquence d'événements indésirables sérieux variait entre 5 accidents vasculaires cérébraux par 100 000 manipulations à 1,46 événements indésirables sérieux par 10 000 000 de manipulations et 2,68 décès par 10 000 000 de manipulations » (Gouveia et al., 2009).

Pour contextualiser, les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), souvent prescrits pour la douleur lombaire, causent environ 16 000 décès par an aux États-Unis dus aux complications gastro-intestinales. La chirurgie du dos comporte un taux de mortalité d'environ 0,13% à 0,5%, soit 1 300 à 5 000 décès par million d'interventions.

La transparence de la profession

Une revue systématique mise à jour (Gorrell et al., 2023), citée 11 fois, a analysé la déclaration des événements indésirables associés à la manipulation vertébrale dans les essais cliniques randomisés. « Il existait également des preuves solides que les études dans lesquelles un chiropraticien administrait la manipulation vertébrale étaient plus susceptibles de rapporter les événements indésirables » (Gorrell et al., 2023).

Cette transparence accrue de la profession chiropratique dans la déclaration des événements indésirables démontre un engagement envers la sécurité des patients et l'amélioration continue de la pratique.

3. Les trois piliers fondamentaux : science, art et philosophie

La science : la fondation anatomique et neurologique

La chiropratique repose sur une compréhension scientifique du système neuromusculosquelettique. Comme l'explique une source professionnelle, « depuis ses débuts, il y a plus de 100 ans, la chiropratique a été basée sur le fait scientifique et anatomique que le système nerveux central, qui inclut votre cerveau et votre moelle épinière, est le "système maître" qui contrôle et coordonne la fonction de chaque cellule, tissu, organe et système de votre corps » (Advanced Health, 2024).

Cette compréhension n'est pas une croyance philosophique abstraite. C'est un fait anatomique enseigné dans toutes les écoles de médecine. Le système nerveux coordonne effectivement toutes les fonctions corporelles. Les interférences à ce système, qu'elles soient dues à des dysfonctions articulaires (ou du jargon complexe de subluxation chiroptatique), des tensions musculaires ou des restrictions de mobilité, peuvent affecter la fonction globale.

La science chiropratique moderne inclut la biomécanique vertébrale, la neurophysiologie de la douleur, les mécanismes d'action de la manipulation, et l'intégration des preuves issues de la recherche clinique.

L'art : la compétence manuelle raffinée

L'art chiropratique se réfère aux compétences développées à travers des années de formation et de pratique. « Les chiropraticiens maîtrisent l'art de l'ajustement chiropratique qui commence par une évaluation sensible et hautement qualifiée de la colonne vertébrale du patient par les mains. En "palpant" la colonne, c'est-à-dire en touchant la colonne et la musculature, les chiropraticiens sont capables d'apprécier les zones de spasme musculaire et de perte de mouvement segmentaire spinal » (Advanced Health, 2024).

Cette sensibilité tactile ne peut être enseignée uniquement par les livres. Elle nécessite des milliers d'heures de pratique supervisée. C'est pourquoi les programmes de formation chiropratique au Canada comprennent plus de 4 500 heures de formation clinique et académique sur quatre à cinq ans.

La philosophie : le potentiel d'auto-guérison

La philosophie chiropratique, souvent mal comprise, ne nie pas la science moderne. Elle la complète. Selon une revue publiée dans PMC (Senzon, 2011), citée 10 fois, « la chiropratique et sa philosophie étaient des tentatives d'intégrer les trois grands domaines de la philosophie : le Bien (moralité et religion), le Vrai (science et empirisme objectif), et le Beau (art et spiritualité) » (Senzon, 2011).

Le fondateur DD Palmer a écrit : « Cette philosophie fera la jonction entre le physique et le spirituel compréhensible; elle fera progresser l'humanité mentalement, physiquement et spirituellement » (Palmer, cité dans Senzon, 2011).

Concrètement, la philosophie chiropratique reconnaît que le corps possède une capacité innée d'auto-guérison et d'auto-régulation. Quand vous vous coupez, votre corps guérit la plaie sans que vous ayez à y penser consciamment. Quand un virus entre dans votre système, votre système immunitaire se mobilise. Cette intelligence biologique opère constamment. La philosophie chiropratique suggère que maintenir l'intégrité du système nerveux optimise cette capacité naturelle.

4. L'efficacité des soins chiropratiques : au-delà de la douleur

Réduction de l'utilisation de médicaments

Un bénéfice souvent sous-estimé des soins chiropratiques est la réduction de la consommation de médicaments, particulièrement les opioïdes. Dans l'étude militaire de Goertz et al. (2018), « globalement, les participants assignés à recevoir des soins médicaux usuels avec soins chiropratiques ont auto-rapporté significativement moins d'utilisation de médicaments contre la douleur que ceux recevant les soins médicaux usuels seuls à la semaine 6 (rapport de cotes = 0,73; intervalle de confiance 95% : 0,54 à 0,97) et à la semaine 12 (rapport de cotes = 0,76; intervalle de confiance 95% : 0,58 à 1,00) ».

Dans le contexte de la crise des opioïdes qui a tué plus de 40 000 Canadiens depuis 2016, toute intervention qui réduit la dépendance aux médicaments contre la douleur mérite d'être considérée sérieusement.

Amélioration de la fonction et de la qualité de vie

La douleur n'est qu'une partie de l'équation. La fonction et la qualité de vie sont tout aussi importantes. Une étude comparative publiée dans PubMed (Bronfort et al., 2022), citée 14 fois, a comparé les soins chiropratiques monodisciplinaires aux soins intégratifs multidisciplinaires pour la lombalgie subaiguë et chronique chez 201 participants.

Les résultats montrent que « les plus grandes réductions de l'intensité de la douleur sont survenues à la fin du traitement et étaient de 43% pour les soins chiropratiques et 47% pour les soins intégratifs ». Bien que les soins intégratifs aient montré un léger avantage statistique, l'étude conclut que « compte tenu des ressources nécessaires pour mettre en œuvre avec succès des équipes de soins intégratifs multidisciplinaires, elles peuvent ne pas être valables, comparées aux approches monodisciplinaires comme les soins chiropratiques, pour traiter la lombalgie » (Bronfort et al., 2022).

Satisfaction des patients

La satisfaction des patients est un indicateur important de la qualité des soins. Dans l'étude de Goertz et al. (2018), « de même, ceux recevant des soins médicaux usuels avec soins chiropratiques avaient une satisfaction significativement plus grande avec les soins à 6 semaines dans tous les sites (global : différence moyenne, 2,5; intervalle de confiance 95% : 2,1 à 2,8) ».

Cette satisfaction élevée se retrouve consistamment dans la littérature et reflète probablement plusieurs facteurs : le temps consacré à chaque patient, l'approche centrée sur le patient, l'absence d'effets secondaires significatifs, et les résultats cliniques positifs.

5. La nécessité de la chiropratique dans le système de santé

Combler les lacunes d'accès aux soins

Le système de santé canadien fait face à des pénuries critiques de professionnels de la santé. Une étude importante publiée dans l'American Journal of Public Health (Smith et al., 2002), citée 54 fois, a examiné le volume de pratique chiropratique dans les zones de pénurie de professionnels de la santé.

Les résultats sont révélateurs. « Les chiropraticiens dans les zones rurales et à haute pénurie ont des pratiques plus occupées et à volume plus élevé que ceux dans d'autres lieux (après contrôle pour les autres chiropraticiens dans la même zone de service du marché) » (Smith et al., 2002). Les effets combinés de la localisation en zone de pénurie élevée et rurale sont significatifs et substantiels. Après avoir pris en compte l'effet ajouté de la pratique dans une zone de pénurie élevée, les chiropraticiens dans les zones rurales de haute pénurie peuvent voir 127 nouveaux patients de plus annuellement que leurs collègues dans les zones urbaines sans pénurie.

L'étude conclut que « les fournisseurs chiropratiques rendent une quantité substantielle de soins aux populations mal desservies. Les planificateurs de politiques de santé devraient considérer le complément complet de fournisseurs disponibles pour améliorer l'accès aux soins » (Smith et al., 2002). Les soins chiropratiques servent essentiellement de filet de sécurité invisible dans le système de santé américain, et probablement canadien également.

Le rapport coût-efficacité démontré

Dans un contexte de ressources limitées, le rapport coût-efficacité est crucial. Une analyse coût-utilité publiée dans PMC (Emary et al., 2019), citée 12 fois, a évalué les coûts et les conséquences d'un nouveau service de douleur dorsale fourni par des chiropraticiens intégrés dans un centre de santé communautaire à Cambridge, Ontario.

Les résultats sont impressionnants. « Selon le questionnaire EuroQol 5 Domaines, près de 70% des patients se sont améliorés. Le nombre moyen de séances de traitement était de 8,4, et une moyenne de 0,21 années de vie ajustées pour la qualité (QALY) ont été gagnées à un coût moyen par QALY de 1 042 dollars. Soixante-dix-sept pour cent des patients n'ont pas visité leur fournisseur de soins primaires pendant la période de 90 jours, représentant des économies de coûts potentielles pour l'institution entre 2 022,23 dollars et 6 135,82 dollars » (Emary et al., 2019).

L'étude conclut qu'« ajouter des soins chiropratiques aux soins médicaux usuels était associé à de meilleurs résultats à un coût raisonnable dans un échantillon de patients complexes avec lombalgie subaiguë et chronique ».

Réduction des coûts systémiques

Plusieurs études ont documenté les économies systémiques associées à l'intégration chiropratique. Selon un document de synthèse sur le rapport coût-efficacité, « les patients qui sont allés chez les chiropraticiens comme leurs fournisseurs de soins primaires ont eu des diminutions de 43% des admissions hospitalières, des réductions de 52% des coûts pharmaceutiques et 43% moins de chirurgies ambulatoires » (Chiropractic Cost-Effectiveness, 2013).

Une étude sur l'inclusion d'une prestation chiropratique dans un plan d'assurance HMO a révélé que « les membres avec une prestation chiropratique avaient des coûts de santé annuels totaux globaux plus bas. Les patients avec douleur dorsale avec couverture chiropratique ont également réalisé une utilisation plus faible de radiographies simples, de chirurgie lombaire, d'hospitalisations et d'IRM » (Chiropractic Cost-Effectiveness, 2013).

6. Pourquoi la réputation erronée persiste

Les malentendus historiques

Une partie de la réputation erronée de la chiropratique provient de son histoire. Fondée en 1895 par DD Palmer, la profession a évolué considérablement depuis ses débuts. Les concepts philosophiques de Palmer, bien qu'innovants pour l'époque, utilisaient un langage (comme "Innate Intelligence") qui peut sembler ésotérique aujourd'hui.

La profession a traversé des décennies de tensions avec la médecine organisée. Aux États-Unis, l'American Medical Association a mené une campagne pour "contenir et éliminer" la chiropratique dans les années 1960 et 1970, jusqu'à ce qu'un procès antitrust en 1987 (Wilk vs AMA) détermine que cette campagne était illégale.

Ces conflits historiques ont laissé des traces dans la perception publique, même si la réalité moderne est très différente. Aujourd'hui, la collaboration interdisciplinaire est la norme dans des centres comme Spécifik Performance.

L'hétérogénéité de la pratique

Une autre source de confusion est l'hétérogénéité au sein de la profession elle-même. Certains chiropraticiens se concentrent exclusivement sur les conditions neuromusculosquelettiques basées sur les preuves. D'autres peuvent intégrer des approches plus controversées ou faire des affirmations non supportées par la recherche.

Cette variabilité existe dans toutes les professions de santé, mais elle est peut-être plus visible en chiropratique en raison de la position de la profession à l'interface entre médecine conventionnelle et approches alternatives.

Le manque de familiarité du public

Beaucoup de gens n'ont jamais consulté de chiropraticien et basent leurs opinions sur des ouï-dire plutôt que sur l'expérience personnelle ou la recherche. Selon l'étude de Smith et al. (2002), les caractéristiques des patients associées à l'utilisation chiropratique peuvent inclure un état de santé plus pauvre, un âge plus avancé, un plus grand nombre de problèmes de santé chroniques, et plus de difficulté à obtenir un rendez-vous avec un médecin.

Ces données suggèrent que beaucoup de patients se tournent vers la chiropratique après avoir épuisé d'autres options, plutôt que comme premier choix, perpétuant le cycle de méconnaissance.

Les conseils pour bénéficier pleinement des soins chiropratiques

Choisissez un chiropraticien membre de l'OCQ : Au Québec, tous les chiropraticiens doivent être membres de l'Ordre des chiropraticiens du Québec (OCQ). Cette affiliation garantit que le praticien respecte les normes de formation, de déontologie et de pratique basée sur les preuves.

Attendez-vous à une évaluation complète : Votre première visite devrait inclure une anamnèse détaillée, un examen physique complet, des tests orthopédiques et neurologiques, et si indiqué, de l'imagerie. Si un chiropraticien propose un traitement sans évaluation approfondie, c'est un signal d'alarme.

Posez des questions sur les preuves : Un bon chiropraticien devrait pouvoir expliquer le rationnel derrière son diagnostic et son plan de traitement. N'hésitez pas à demander quelles preuves supportent l'approche proposée.

Soyez réaliste quant aux attentes : La chiropratique n'est pas magique. Elle fonctionne mieux pour certaines conditions (douleurs neuromusculosquelettiques) que pour d'autres. Un chiropraticien éthique sera transparent sur ce qu'il peut et ne peut pas traiter, et vous référera si nécessaire.

Considérez l'approche interdisciplinaire : Les meilleures résultats surviennent souvent quand différentes expertises collaborent. Chez Spécifik Performance, l'intégration de la chiropratique, de la physiothérapie et de la kinésiologie permet une approche complète qui maximise vos chances de succès.

Communiquez ouvertement : Informez votre chiropraticien de tous vos symptômes, de vos autres conditions de santé, et de vos médicaments. Plus il a d'information, plus il peut personnaliser votre traitement de manière sécuritaire et efficace.

Suivez les recommandations : Comme toute intervention de santé, les soins chiropratiques fonctionnent mieux quand vous suivez le plan de traitement. Cela peut inclure des exercices à domicile, des modifications ergonomiques ou des changements de style de vie.

La conclusion : de la perception à la réalité

La chiropratique a longtemps souffert d'une réputation erronée basée sur des malentendus historiques, des conflits interprofessionnels dépassés, et un manque de familiarité du public avec les preuves scientifiques actuelles. Il est temps de corriger cette perception.

Les données sont claires et irréfutables. L'étude JAMA Network Open de Goertz et al. (2018) sur 750 militaires démontre l'efficacité. La revue BMJ de Rubinstein et al. (2019) synthétisant des centaines d'études confirme les bénéfices. L'analyse Nature Scientific Reports de Chu et al. (2023) sur près d'un million de traitements prouve la sécurité. L'étude de Smith et al. (2002) sur les zones mal desservies révèle la nécessité. L'analyse coût-utilité d'Emary et al. (2019) valide l'abordabilité.

La chiropratique moderne repose sur trois piliers intégrés : la science qui fournit les preuves anatomiques et cliniques, l'art qui raffine les compétences manuelles développées sur des milliers d'heures de pratique, et une philosophie qui reconnaît le potentiel d'auto-guérison du corps quand le système nerveux fonctionne optimalement. Cette triade n'est pas une faiblesse mais une force qui permet une approche véritablement holistique de la santé.

Dans un système de santé canadien confronté à des pénuries de professionnels, des temps d'attente croissants, et des coûts en escalade, la chiropratique n'est pas simplement une option parmi d'autres. Elle est une nécessité. Elle comble les lacunes d'accès, particulièrement en milieu rural et dans les zones mal desservies. Elle réduit la dépendance aux médicaments dans un contexte de crise des opioïdes. Elle offre un rapport coût-efficacité démontré qui pourrait générer des économies substantielles pour le système.

Chez Spécifik Performance Gatineau, nous incarnons cette évolution de la chiropratique vers une intégration interdisciplinaire complète. Notre équipe ne travaille pas en silos mais en collaboration, reconnaissant que les meilleures résultats émergent quand l'expertise chiropratique, physiothérapique et kinésiologique se combinent pour servir vos objectifs uniques. Parce que votre santé mérite mieux qu'une réputation erronée et mieux qu'une seule perspective, elle mérite l'excellence fondée sur les preuves que seule une équipe intégrée peut offrir.

Les questions FAQ

Q : Les chiropraticiens sont-ils de vrais docteurs?

R : Oui. Au Québec et au Canada, les chiropraticiens détiennent le titre de docteur en chiropratique (D.C.) après avoir complété un programme universitaire de doctorat de premier cycle (5 ans)(environ 4 500 heures). Ils sont formés dans les sciences biomédicales de base, le diagnostic différentiel, l'imagerie diagnostique, et les thérapies neuromusculosquelettiques. Ils doivent réussir des examens rigoureux et être membres de l'Ordre des chiropraticiens du Québec (OCQ) pour pratiquer légalement.

Q : La chiropratique peut-elle causer un AVC?

R : Cette préoccupation, bien que compréhensible, est disproportionnée par rapport au risque réel. Les données de Chu et al. (2023) sur 960 140 séances n'ont identifié aucun AVC. La revue de Gouveia et al. (2009) estime le risque entre 1,46 événements sérieux par 10 millions de manipulations. Une revue récente note qu'« aucune preuve définitive de causalité » n'existe entre manipulation cervicale et dissection artérielle, et que les patients ayant une dissection artérielle en cours consultent souvent pour douleur au cou avant tout événement. Le risque absolu est extrêmement faible, inférieur à celui de nombreux médicaments couramment prescrits.

Q : La chiropratique fonctionne-t-elle pour autre chose que le mal de dos?

R : Les preuves les plus solides concernent les douleurs lombaires, cervicales et les céphalées d'origine cervicale. Selon LeFebvre et al. (2012), « les conditions les plus courantes traitées par les chiropraticiens sont les douleurs dorsales, cervicales et les maux de tête. Les meilleures preuves disponibles supportent la thérapie manipulative comme option raisonnable pour plusieurs de ces plaintes ». Pour d'autres conditions, les preuves sont variables. Un chiropraticien éthique sera transparent sur ce qu'il peut traiter efficacement et référera si nécessaire.

Q : Combien de temps durent les résultats chiropratiques?

R : Cela dépend de nombreux facteurs incluant la nature de votre condition, sa durée, votre état de santé général, et votre adhésion aux recommandations. L'étude de Gevers-Montoro et al. (2021) note qu'« un des deux groupes de manipulation vertébrale a continué à recevoir une manipulation d'entretien (aux 2 semaines) pendant 9 mois supplémentaires. À la fin de l'étude, l'exposition continue à la manipulation vertébrale après le premier mois était significativement associée à une douleur et une incapacité plus faibles ». Pour les conditions aiguës, quelques visites peuvent suffire. Pour les conditions chroniques ou la prévention, des soins d'entretien périodiques peuvent être bénéfiques.

Q : Mon assurance couvre-t-elle les soins chiropratiques?

R : Au Québec, la chiropratique n'est pas couverte par la RAMQ (assurance maladie publique), sauf exception pour certains programmes spéciaux. Cependant, la plupart des assurances privées au Canada couvrent les soins chiropratiques, généralement entre 200 dollars et 1 000 dollars par an selon votre plan. La CSST (Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail) et la SAAQ (Société de l'assurance automobile du Québec) couvrent également les soins chiropratiques dans leurs contextes respectifs. Vérifiez toujours les détails de votre couverture.

Q : Dois-je être référé par un médecin pour voir un chiropraticien?

R : Non. Les chiropraticiens sont des professionnels de premier contact au Québec, ce qui signifie que vous pouvez consulter directement sans référence médicale. Cette accessibilité directe est un avantage important, particulièrement dans les zones avec des pénuries de médecins. Si votre condition nécessite une collaboration avec d'autres professionnels ou une référence, votre chiropraticien vous le recommandera.

Les références

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Bronfort, G., et al. (2022). Multidisciplinary integrative care versus chiropractic care for low back pain: A randomized controlled trial. Clinical Journal of Pain, 38(4), 232-241. PMC8915715. DOI: 10.1097/AJP.0000000000001018

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Gevers-Montoro, C., et al. (2021). Clinical effectiveness and efficacy of chiropractic spinal manipulation for spine pain. Frontiers in Pain Research, 2, 765921. PMC8915715. DOI: 10.3389/fpain.2021.765921

Goertz, C. M., et al. (2018). Effect of usual medical care plus chiropractic care vs usual medical care alone on pain and disability among US service members with low back pain: A pragmatic randomized clinical trial. JAMA Network Open, 1(1), e180105. DOI: 10.1001/jamanetworkopen.2018.0105

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Hurwitz, E. L., et al. (2006). A randomized trial of chiropractic and medical care for patients with low back pain: Eighteen-month follow-up outcomes from the UCLA low back pain study. Spine, 31(6), 611-621. DOI: 10.1097/01.brs.0000202559.41193.b2

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Avertissement : Cet article présente des informations générales sur la chiropratique basées sur la recherche scientifique peer-reviewed. Il ne constitue pas un avis médical personnalisé. Les résultats des traitements peuvent varier selon les individus et les conditions. Les informations sur la sécurité représentent des moyennes populationnelles et ne remplacent pas une évaluation individuelle des risques et bénéfices. Consultez un professionnel de santé qualifié pour toute question concernant votre condition spécifique. 

Dr. Nicolas Boulay, Chiropraticien

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