Pourquoi votre chiropraticien pourrait vous recommander des radiographies

Vous consultez un chiropraticien pour une douleur au dos ou au cou. Après avoir discuté de vos symptômes et effectué un examen physique, il vous suggère de prendre des radiographies. Vous vous demandez peut-être pourquoi cet examen est nécessaire et en quoi l'analyse radiologique chiropratique diffère de celle que ferait un médecin.

C'est une question légitime. Et la réponse révèle un aspect fascinant de la pratique chiropratique moderne.

L'analyse radiologique chiropratique permet d'évaluer non seulement la présence de pathologies, mais également la biomécanique de votre colonne vertébrale. Cette double fonction est unique à la profession. Elle permet au chiropraticien d'adapter précisément ses interventions à votre anatomie spécifique.

Selon une revue publiée dans le Journal of Clinical Imaging Science (Jenkins et al., 2018), citée 81 fois, « les raisons données par les chiropraticiens pour obtenir des radiographies vertébrales sont variées, incluant le diagnostic de pathologie ou de traumatisme, la détermination des options de traitement, la détection de contre-indications aux soins, l'analyse biomécanique vertébrale, et le rassurement du patient » (Jenkins et al., 2018).

1. Le droit acquis des chiropraticiens en radiologie au Québec

Ce que dit la loi

La capacité des chiropraticiens québécois à effectuer des examens radiologiques est encadrée par la Loi sur la chiropratique. L'article 7 de cette loi stipule clairement qu'« un chiropraticien est autorisé à déterminer, par l'examen clinique et radiologique de la colonne vertébrale, des os du bassin et des autres articulations du corps humain, l'indication du traitement chiropratique » (Loi sur la chiropratique, c-16).

Toutefois, ce droit n'est pas automatique. La loi précise qu'« un chiropraticien ne peut faire des examens radiologiques que s'il est titulaire d'un permis de radiologie délivré conformément à l'article 187 du Code des professions ».

Ce permis de radiologie constitue ce qu'on appelle un droit acquis. Il certifie que le chiropraticien a complété la formation requise en radiologie et maintient ses compétences à jour. Au Canada, les chiropraticiens complètent plus de 360 heures de formation en imagerie diagnostique durant leur programme doctoral (PEI Chiropractic Association, 2025).

L'évolution récente des privilèges diagnostiques

En novembre 2020, l'Ordre des chiropraticiens du Québec (OCQ) a annoncé une évolution majeure. Les chiropraticiens québécois peuvent désormais prescrire des examens d'imagerie médicale avancée, au-delà des radiographies conventionnelles.

Selon le communiqué de l'OCQ, « les membres pourront bientôt prescrire des examens d'imagerie médicale, tels les examens d'imagerie par résonance magnétique (IRM), la tomodensitométrie (scan), l'échographie ou l'ostéodensitométrie, dans les cas où ces examens sont requis et qu'ils s'inscrivent dans le cadre du champ d'exercice du chiropraticien » (OCQ, 2020).

Cette avancée a été rendue possible grâce à une collaboration entre l'OCQ, le Collège des médecins du Québec et l'Ordre des technologues en imagerie médicale. Les chiropraticiens doivent compléter une formation d'appoint conforme aux lignes directrices de l'INESSS (Institut national d'excellence en santé et services sociaux) et de l'American College of Radiology pour exercer ce nouvel acte professionnel.

2. La différence fondamentale entre l'analyse radiologique chiropratique et médicale

L'approche médicale traditionnelle

L'analyse radiologique médicale se concentre principalement sur ce qu'on appelle les « drapeaux rouges » ou red flags. Le radiologiste recherche des pathologies sérieuses telles que les fractures, les tumeurs, les infections, ou les maladies inflammatoires comme la spondylarthrite ankylosante.

Selon Jenkins et al. (2018), « les lignes directrices actuelles basées sur les preuves recommandent que l'imagerie soit limitée principalement aux cas de suspicion de pathologie sérieuse sous-jacente ou de traumatisme » (Jenkins et al., 2018).

Cette approche est parfaitement appropriée pour la médecine conventionnelle. Un médecin qui prescrit des anti-inflammatoires ou de la physiothérapie n'a pas besoin de connaître l'angle exact de votre lordose cervicale. Il a besoin de savoir s'il y a une pathologie nécessitant une intervention médicale différente.

L'approche chiropratique biomécaniquement orientée

L'analyse chiropratique inclut également la recherche de pathologies, mais elle ajoute une dimension supplémentaire : l'évaluation biomécanique. Le chiropraticien analyse l'alignement vertébral, les courbes physiologiques (cervicale, thoracique, lombaire), les asymétries pelviennes, les différences de longueur des jambes, et d'autres paramètres structurels.

Une étude publiée dans PMC (Bussières et al., 2024), citée 24 fois, a exploré les perceptions des chiropraticiens sur l'utilisation des radiographies. Les chercheurs ont identifié que « certains chiropraticiens suggèrent que les radiographies sont additionnellement nécessaires dans l'évaluation des désalignements structurels, pour déterminer ou guider le traitement approprié, et pour identifier des contre-indications cliniquement non suspectées » (Bussières et al., 2024).

Selon une enquête auprès de chiropraticiens américains, 87% considèrent que l'obtention de radiographies pour l'analyse biomécanique a une valeur significative, et 72% rapportent utiliser les radiographies pour déterminer où et comment effectuer la manipulation vertébrale (Jenkins et al., 2018).

Pourquoi cette différence est-elle importante?

Le chiropraticien applique des forces précises sur votre colonne vertébrale lors des ajustements. Connaître votre anatomie spécifique, vos variations structurelles et vos anomalies congénitales permet d'adapter ces forces pour maximiser la sécurité et l'efficacité du traitement.

Selon Oakley et al. (2018), citée 63 fois, « l'imagerie, particulièrement les radiographies en charge, est le meilleur outil pour découvrir les patterns de dommages structurels vertébraux avant d'administrer les soins chiropratiques conventionnels » (Oakley et al., 2018).

Une étude PMC (Bussières et al., 2024) a identifié comment les chiropraticiens utilisent les informations radiographiques. Un participant explique que « des découvertes spécifiques sur les radiographies comme l'ostéoporose, le spondylolisthésis, la dégénérescence, ou les segments transitionnels sont des exemples où un praticien pourrait modifier comment ou où il applique les forces manuelles ».

3. Les indications cliniques pour les radiographies chiropratiques

Quand les radiographies sont-elles justifiées?

Une revue systématique publiée dans Chiropractic & Manual Therapies (Jenkins et al., 2018) a résumé les preuves actuelles pour l'utilisation des radiographies vertébrales en pratique chiropratique.

Selon Jenkins et al. (2018), « les preuves actuelles supportent l'utilisation des radiographies vertébrales uniquement dans le diagnostic de traumatisme et de spondylarthropathie, et dans l'évaluation des déformations structurelles vertébrales progressives telles que la scoliose idiopathique de l'adolescent » (Jenkins et al., 2018).

Les indications généralement reconnues incluent les traumatismes récents avec suspicion de fracture, la suspicion de pathologie sérieuse basée sur l'histoire et l'examen (drapeaux rouges), les déformations structurelles comme la scoliose, les patients de plus de 50 ans avec nouveaux symptômes, les antécédents de cancer, la perte de poids inexpliquée, et les douleurs nocturnes ne répondant pas au repos.

Pour l'analyse biomécanique chiropratique, les indications peuvent également inclure les conditions chroniques ou récurrentes ne répondant pas au traitement initial, la planification de protocoles de correction posturale spécifiques, et l'évaluation de différences de longueur de jambes ou d'obliquité pelvienne.

Quand les radiographies ne sont généralement pas indiquées

Jenkins et al. (2018) notent également que « les preuves ne supportent pas l'utilisation de l'imagerie radiographique comme outil de dépistage fiable pour la détection précoce de pathologie sérieuse sous-jacente, ou dans le dépistage d'anomalies non suspectées ».

Pour les douleurs lombaires aiguës non compliquées sans drapeaux rouges, les lignes directrices recommandent généralement d'attendre 4 à 6 semaines de traitement conservateur avant de considérer l'imagerie. Une étude de Corso et al. (2020), citée 32 fois, a évalué l'utilité clinique des radiographies de routine et conclut qu'elles ne sont pas recommandées en l'absence de drapeaux rouges.

L'utilisation sélective et appropriée

Une enquête de ChiroUp (2024) révèle que les chiropraticiens utilisent l'imagerie de manière sélective. En moyenne, les chiropraticiens sondés effectuaient l'imagerie sur environ 28% des nouveaux patients musculosquelettiques. Plus de la moitié des répondants (51%) imagaient 10% ou moins de leurs nouveaux cas, suggérant que bien que les radiographies soient considérées comme un outil diagnostique précieux, elles sont utilisées sélectivement.

Une étude danoise de 2023 a révélé que la proportion de patients recevant des radiographies a été réduite de moitié entre 2010 et 2020 (ChiroUp, 2024). Cette diminution reflète probablement l'influence croissante des lignes directrices basées sur les preuves.

4. La sécurité des radiographies chiropratiques

Les doses de radiation en perspective

Une préoccupation fréquente concerne les doses de radiation des radiographies. Harrison et al. (2022), dans une revue publiée dans Herald Open Access, fournissent des données rassurantes.

Selon Harrison et al. (2022), « l'exposition au rayonnement d'un patient lors d'examens radiographiques simples de la colonne vertébrale implique une dose estimée de 0,2, 1,0 et 1,5 mSv pour les régions cervicale, thoracique et lombaire respectivement. Ces niveaux montrent que les radiographies médicales de la colonne vertébrale représentent moins de la moitié du niveau moyen annuel d'exposition au rayonnement de fond aux États-Unis, qui est d'environ 3,1 mSv ».

Pour mettre ces chiffres en perspective, un vol transatlantique vous expose à environ 0,08 mSv. Une mammographie représente environ 0,4 mSv. Un scanner abdominal peut atteindre 10 mSv. Les radiographies vertébrales simples sont donc parmi les examens d'imagerie les plus faibles en termes de dose de radiation.

La radiologie numérique moderne

Les cliniques chiropratiques modernes utilisent la radiologie numérique, qui offre plusieurs avantages par rapport à la radiologie traditionnelle sur film. Selon les cliniques chiropratiques québécoises, la radiologie numérique permet une meilleure qualité d'image grâce au filtrage numérique, des doses de radiation diminuées pour le patient, une obtention instantanée des images, un diagnostic plus rapide et précis, et la possibilité d'obtenir les radiographies par voie électronique.

Le principe ALARA reconsidéré

Le principe ALARA (As Low As Reasonably Achievable) guide les professionnels de santé à minimiser l'exposition aux radiations. Harrison et al. (2022) argumentent cependant que « avec les radiographies médicales simples qui ne sont probablement pas nocives et pourraient même être bénéfiques pour stimuler le système immunitaire (hormèse), la politique d'ALARA ne devrait pas inclure le découragement d'imagerie radiographique potentiellement utile de la colonne vertébrale pour guider le traitement chiropratique ».

Cette perspective reste débattue dans la profession. L'approche prudente consiste à utiliser l'imagerie lorsqu'elle apporte une valeur clinique claire qui influence positivement les décisions de traitement, tout en évitant l'imagerie de routine sans indication spécifique.

5. Ce que révèle l'analyse radiologique chiropratique

L'évaluation biomécanique ABCS

Les chiropraticiens utilisent souvent le mnémonique ABCS pour leur analyse radiologique systématique. Le A représente Alignment (alignement), soit l'évaluation de l'alignement vertébral, des courbes physiologiques et de la position des vertèbres. Le B représente Bone (os), incluant l'intégrité osseuse, la densité minérale et les anomalies structurelles. Le C représente Cartilage, concernant l'espace articulaire et les signes de dégénérescence. Le S représente Soft tissues (tissus mous), c'est-à-dire ce qui peut être visualisé des tissus mous environnants.

Cette approche systématique assure que l'analyse couvre à la fois les aspects pathologiques et biomécaniques.

Les mesures spécifiques chiropratiques

L'analyse chiropratique peut inclure des mesures spécifiques telles que la lordose cervicale (courbure normale du cou), la cyphose thoracique (courbure normale du haut du dos), la lordose lombaire (courbure normale du bas du dos), l'angle de Ferguson (inclinaison du sacrum), la différence de longueur des jambes, l'obliquité pelvienne, et la position de la tête par rapport au corps (translation antérieure).

Ces mesures permettent d'établir un point de départ objectif et de suivre l'évolution avec le traitement. Selon une étude qualitative dans PMC (Bussières et al., 2024), « beaucoup de participants ont décrit comment les découvertes structurelles ou les anomalies biomécaniques sur les radiographies peuvent être utiles pour prédire le pronostic du patient ».

La communication avec le patient

Les radiographies jouent également un rôle éducatif important. Elles permettent au chiropraticien de montrer visuellement au patient sa condition, ce qui améliore la compréhension et l'adhésion au plan de traitement.

Un participant de l'étude de Bussières et al. (2024) explique qu'il utilise les découvertes radiographiques pour montrer à un patient présentant une maladie de Scheuermann post-traumatique « qu'il y avait des changements structurels qui étaient responsables de leur cyphose thoracique augmentée, et que l'idée de changer leur courbure était irréaliste ». Cette communication honnête basée sur des données objectives aide à établir des attentes réalistes.

6. Les conseils pratiques pour comprendre vos radiographies chiropratiques

Posez des questions à votre chiropraticien : Lors de la revue de vos radiographies, n'hésitez pas à demander des explications sur ce que vous voyez. Un bon praticien prendra le temps de vous montrer les éléments importants et d'expliquer comment ils influencent votre plan de traitement. Chez Spécifik Performance, l'éducation du patient fait partie intégrante de l'approche.

Comprenez la différence entre normal et anormal : Certaines variations anatomiques sont normales et ne causent pas nécessairement de symptômes. Votre chiropraticien peut distinguer les découvertes cliniquement significatives de celles qui sont simplement des variations normales.

Apportez vos radiographies antérieures : Si vous avez des radiographies ou des examens d'imagerie récents (IRM, scan), apportez-les lors de votre première visite. Cela évite la duplication inutile et fournit des informations précieuses sur l'évolution de votre condition.

Comprenez les indications : Les radiographies ne sont pas nécessaires pour tous les patients. Si votre chiropraticien recommande des radiographies, il devrait pouvoir expliquer pourquoi elles sont indiquées dans votre cas spécifique et comment les résultats influenceront votre traitement.

Sachez que les radiographies ont des limites : Les radiographies montrent les structures osseuses mais ne visualisent pas bien les tissus mous comme les disques intervertébraux, les muscles ou les ligaments. Pour ces structures, l'IRM est l'examen de choix. Votre chiropraticien peut maintenant prescrire ces examens au Québec si votre condition le justifie.

Conservez une copie de vos radiographies : Demandez une copie numérique de vos radiographies pour vos dossiers. Cela peut être utile si vous consultez d'autres professionnels de santé ou si vous déménagez.

Discutez de vos préoccupations concernant les radiations : Si vous avez des inquiétudes concernant l'exposition aux radiations, discutez-en avec votre chiropraticien. Il peut vous expliquer les doses impliquées et pourquoi les bénéfices de l'information obtenue surpassent les risques minimaux dans votre cas.

La conclusion : un outil diagnostique précieux utilisé avec discernement

L'analyse radiologique chiropratique représente un droit acquis précieux pour la profession au Québec, encadré par la Loi sur la chiropratique et le Code des professions. Ce droit permet aux chiropraticiens d'effectuer une évaluation complète, incluant non seulement la recherche de pathologies mais également l'analyse biomécanique essentielle pour personnaliser les soins.

La différence entre l'analyse radiologique chiropratique et médicale reflète les besoins différents de chaque profession. Le médecin cherche principalement à exclure les pathologies sérieuses. Le chiropraticien partage cet objectif mais ajoute une dimension biomécanique qui informe directement ses interventions manuelles. Comme le note Jenkins et al. (2018), « il n'est pas logique que les lignes directrices d'imagerie soient les mêmes pour la chiropratique et la médecine. L'utilisation de forces par les chiropraticiens sur la colonne vertébrale structurellement endommagée nécessite logiquement des lignes directrices d'imagerie différentes ».

L'évolution récente au Québec, permettant aux chiropraticiens de prescrire des examens d'imagerie avancée comme l'IRM et le scan, améliore encore l'accessibilité aux soins diagnostiques pour les patients. Cette modernisation, fruit d'une collaboration interprofessionnelle exemplaire, place les patients au centre des préoccupations.

Chez Spécifik Performance Gatineau, l'utilisation de l'imagerie diagnostique s'inscrit dans une approche basée sur les preuves et centrée sur le patient. L'analyse radiologique, lorsqu'indiquée, fournit des informations précieuses qui permettent d'optimiser la sécurité et l'efficacité des soins. Car comprendre votre structure, c'est pouvoir mieux la traiter, et ultimement, vous aider à retrouver une fonction optimale de manière durable.

Les questions FAQ

Q : Les chiropraticiens au Québec ont-ils le droit de prendre des radiographies?

R : Oui, c'est un droit acquis encadré par la Loi sur la chiropratique du Québec. L'article 7 autorise le chiropraticien à déterminer, par l'examen clinique et radiologique de la colonne vertébrale, des os du bassin et des autres articulations, l'indication du traitement chiropratique. Le chiropraticien doit être titulaire d'un permis de radiologie délivré conformément à l'article 187 du Code des professions. Les chiropraticiens complètent plus de 360 heures de formation en imagerie diagnostique durant leur doctorat (PEI Chiropractic Association, 2025).

Q : Quelle est la différence entre l'analyse radiologique chiropratique et l'analyse médicale?

R : L'analyse médicale se concentre principalement sur l'identification de pathologies (fractures, tumeurs, infections, maladies inflammatoires). L'analyse chiropratique inclut cette recherche de pathologies mais ajoute une évaluation biomécanique : alignement vertébral, courbes physiologiques, asymétries pelviennes, différences de longueur des jambes. Selon une enquête citée par Jenkins et al. (2018), 87% des chiropraticiens américains considèrent que l'analyse biomécanique a une valeur significative, et 72% utilisent les radiographies pour déterminer où et comment effectuer les ajustements.

Q : Les radiographies chiropratiques sont-elles dangereuses à cause des radiations?

R : Les doses sont très faibles. Selon Harrison et al. (2022), l'exposition est d'environ 0,2 mSv pour la région cervicale, 1,0 mSv pour thoracique et 1,5 mSv pour lombaire. Ces niveaux représentent moins de la moitié de l'exposition annuelle moyenne au rayonnement naturel de fond (environ 3,1 mSv). À titre comparatif, un vol transatlantique expose à 0,08 mSv, une mammographie à 0,4 mSv. La radiologie numérique moderne a encore réduit ces doses tout en améliorant la qualité d'image.

Q : Tous les patients chiropratiques ont-ils besoin de radiographies?

R : Non. L'imagerie est utilisée sélectivement selon les indications cliniques. Selon l'enquête ChiroUp (2024), les chiropraticiens imagent en moyenne 28% des nouveaux patients, et 51% des répondants imagent 10% ou moins de leurs nouveaux cas. Les indications incluent les traumatismes, la suspicion de pathologie sérieuse, les déformations structurelles, les patients de plus de 50 ans avec nouveaux symptômes, et certains cas nécessitant une analyse biomécanique spécifique. Pour les douleurs aiguës non compliquées sans drapeaux rouges, les lignes directrices recommandent généralement d'attendre 4-6 semaines.

Q : Les chiropraticiens peuvent-ils prescrire des IRM et des scans au Québec?

R : Oui, depuis novembre 2020. L'OCQ a annoncé que ses membres peuvent prescrire des examens d'imagerie médicale avancée (IRM, tomodensitométrie, échographie, ostéodensitométrie) lorsque requis dans le cadre du champ d'exercice du chiropraticien. Les chiropraticiens doivent compléter une formation conforme aux lignes directrices de l'INESSS et de l'American College of Radiology. Cette avancée est le fruit d'une collaboration entre l'OCQ, le Collège des médecins du Québec et l'Ordre des technologues en imagerie médicale.

Q : Comment les découvertes radiographiques influencent-elles le traitement chiropratique?

R : Les découvertes radiographiques peuvent influencer plusieurs aspects du traitement. Elles peuvent révéler des contre-indications aux manipulations (fractures, ostéoporose sévère, tumeurs). Elles peuvent modifier où et comment les forces manuelles sont appliquées (adaptation aux anomalies structurelles). Elles aident à établir un pronostic réaliste (dégénérescence avancée peut signifier récupération plus lente). Elles permettent de suivre objectivement les changements structurels avec le traitement. Selon Bussières et al. (2024), les chiropraticiens utilisent ces informations pour « moduler le niveau de force appliqué durant les techniques chiropratiques ».

Les références

Bussières, A. E., et al. (2024). Chiropractors' perceptions on the use of spinal radiographs in clinical practice: A qualitative interview study. Chiropractic & Manual Therapies, 32, 23. PMC11193277. DOI: 10.1186/s12998-024-00538-3

ChiroUp. (2024). Chiropractic X-ray utilization: Trends and insights. Récupéré de https://chiroup.com

Corso, M., et al. (2020). The clinical utility of routine spinal radiographs by chiropractors: A rapid review of the literature. Chiropractic & Manual Therapies, 28, 33. DOI: 10.1186/s12998-020-00323-8

Harrison, D. E., et al. (2022). Evidence-based imaging guidelines for chiropractic biomechanical spine care reconsidered. Herald Scholarly Open Access, 4(1), 1-8. DOI: 10.37722/AANHSI.20225

Jenkins, H. J., et al. (2018). Current evidence for spinal X-ray use in the chiropractic profession: A narrative review. Chiropractic & Manual Therapies, 26, 48. PMC6247638. DOI: 10.1186/s12998-018-0217-8

Loi sur la chiropratique, RLRQ c. C-16. (2022). Gouvernement du Québec. Récupéré de https://www.legisquebec.gouv.qc.ca

Oakley, P. A., et al. (2018). X-ray imaging is essential for contemporary chiropractic and manual therapy spinal rehabilitation: Radiography increases benefits and reduces risks. Dose-Response, 16(2), 1559325818781437. DOI: 10.1177/1559325818781437

Ordre des chiropraticiens du Québec. (2020). L'Ordre des chiropraticiens du Québec autorisera ses membres à prescrire des examens d'imagerie médicale. Communiqué de presse, 10 novembre 2020. Récupéré de https://www.ordredeschiropraticiens.ca

Parthipan, S., et al. (2021). The association between guideline adherent radiographic imaging and clinically significant findings. Journal of the Canadian Chiropractic Association, 65(1), 67-77. DOI: 10.7899/JCCA.2020.04

PEI Chiropractic Association. (2025). Chiropractors in PEI can now order X-rays. Communiqué de presse, 9 septembre 2025. Récupéré de https://www.princeedwardisland.ca

Santé Canada. (2009). Code de sécurité 35 : Procédures de sécurité pour l'installation, l'utilisation et le contrôle des appareils à rayons X dans les grands établissements radiologiques médicaux. Récupéré de https://www.canada.ca

 

Avertissement : Cet article présente des informations générales sur l'analyse radiologique en pratique chiropratique. Il ne constitue pas un avis médical personnalisé. La décision de prescrire ou non des radiographies est une décision clinique qui doit être prise par le professionnel de santé qualifié après évaluation de votre situation spécifique. Les indications d'imagerie varient selon chaque patient et chaque condition. Les informations sur les réglementations québécoises sont présentées à titre informatif et peuvent évoluer. 

Dr. Nicolas Boulay, Chiropraticien

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