Ce que la science révèle sur votre corps
Pendant des décennies, les scientifiques ont étudié le système nerveux et le système immunitaire comme deux entités séparées. Les neuroscientifiques se concentraient sur le cerveau et les nerfs. Les immunologistes étudiaient les cellules immunitaires et les anticorps. Une barrière invisible séparait ces deux mondes de recherche.
Tout cela a changé. Une revue majeure publiée dans Nature Reviews Immunology par Leunig et al. (2025) démontre que « les connexions entre les systèmes nerveux et immunitaire sont de plus en plus reconnues comme centrales à la physiologie cerveau-corps. Plutôt que d'opérer isolément, les systèmes nerveux et immunitaire forment un réseau intégré qui est plus que la somme de ses parties » (Leunig et al., 2025).
Cette découverte transforme notre compréhension de la santé. Votre système nerveux ne contrôle pas seulement vos mouvements et sensations. Il orchestre activement votre réponse immunitaire, influençant comment votre corps combat les infections, gère l'inflammation, et récupère des blessures.
1. La communication bidirectionnelle entre les deux systèmes
Le vocabulaire partagé
Selon Leunig et al. (2025), les systèmes nerveux et immunitaire « partagent une architecture et un vocabulaire communs, permettant une connexion et une communication bidirectionnelles qui modulent les caractéristiques des cellules immunitaires dans tout le corps » (Leunig et al., 2025).
Qu'est-ce que cela signifie concrètement? Les cellules immunitaires possèdent des récepteurs pour les neurotransmetteurs, ces molécules chimiques que les neurones utilisent pour communiquer entre eux. La recherche du Salk Institute a découvert que certaines cellules T expriment des récepteurs pour plusieurs molécules neurotransmettrices (Kaech et al., 2023).
Cette découverte renverse le paradigme traditionnel. Vos cellules immunitaires « écoutent » littéralement votre système nerveux. Quand vos nerfs libèrent des signaux chimiques, vos cellules immunitaires répondent en ajustant leur comportement.
Les trois cadres de communication
Leunig et al. (2025) proposent un cadre spatial distinguant trois niveaux de communication neuro-immune. Le premier niveau concerne la communication dans le cerveau, où les cellules microgliales (cellules immunitaires résidentes du cerveau) interagissent constamment avec les neurones. Le deuxième niveau concerne la communication au sein des organes périphériques, où les terminaisons nerveuses locales modulent directement les cellules immunitaires présentes. Le troisième niveau concerne la communication à distance, où le nerf vague transmet des signaux entre le cerveau et les organes distants.
Ce cadre explique pourquoi l'état de votre système nerveux peut affecter votre immunité dans tout le corps, pas seulement localement.
2. Le réflexe inflammatoire : la découverte qui a tout changé
La voie cholinergique anti-inflammatoire
En 2000, le Dr Kevin Tracey et ses collègues ont fait une découverte révolutionnaire. Ils ont démontré que la stimulation du nerf vague supprime puissamment la production de cytokines dans un modèle animal de sepsis (Tracey, 2007). Cette découverte, publiée dans le Journal of Clinical Investigation et citée plus de 2 123 fois, a introduit le concept de la « voie cholinergique anti-inflammatoire ».
Selon Tracey (2007), « le système nerveux, via un réflexe inflammatoire du nerf vague, peut inhiber la libération de cytokines et ainsi prévenir les dommages tissulaires et la mort » (Tracey, 2007).
Comment fonctionne ce mécanisme? Quand une inflammation se développe quelque part dans votre corps, les nerfs sensoriels détectent cette inflammation et envoient des signaux au cerveau. Le cerveau analyse l'information et, via le nerf vague (le nerf efférent), envoie des signaux aux cellules immunitaires pour moduler leur réponse. L'acétylcholine libérée par le nerf vague se lie aux récepteurs nicotiniques alpha-7 sur les macrophages, réduisant leur production de cytokines pro-inflammatoires comme le TNF-alpha (Pavlov et Tracey, 2003).
Les preuves cliniques
Cette voie n'est pas simplement théorique. Une étude publiée dans PLOS ONE a démontré que la neurostimulation de la voie cholinergique anti-inflammatoire résulte en une réduction de 52% du gonflement articulaire et une réduction de 46% du score histologique d'arthrite dans un modèle d'arthrite induite au collagène (Levine et al., 2014).
L'étude de Matteoli (2013), citée 320 fois dans Gut, confirme que la stimulation électrique du nerf vague réduit puissamment l'inflammation intestinale et restaure l'homéostasie intestinale, tandis que la vagotomie (section du nerf vague) a l'effet inverse (Matteoli, 2013).
Ces découvertes ont des implications majeures. Si le système nerveux peut naturellement réduire l'inflammation via le nerf vague, alors optimiser la fonction nerveuse pourrait théoriquement supporter une réponse immunitaire équilibrée.
3. L'impact du stress sur la connexion neuro-immune
Comment le stress « fatigue » vos cellules immunitaires
Leunig et al. (2025) expliquent que les systèmes nerveux et immunitaire « collaborent pour détecter et répondre aux stimuli internes et externes, tels que le stress psychologique, les signaux circadiens, l'infection, et les blessures tissulaires » (Leunig et al., 2025).
La recherche de Susan Kaech au Salk Institute a révélé un mécanisme fascinant. Son équipe a découvert que « la libération du neurotransmetteur lié au stress, la noradrénaline, par les nerfs périphériques met les cellules T dans un état dormant "épuisé" dans lequel elles ne peuvent plus organiser une réponse immunitaire anti-tumorale efficace » (Kaech, 2023).
Cette découverte explique scientifiquement ce que beaucoup observent intuitivement : le stress chronique affaiblit l'immunité. Quand vous êtes constamment stressé, vos nerfs libèrent de la noradrénaline qui « épuise » littéralement vos cellules T, les rendant moins capables de combattre les infections et même les cellules cancéreuses.
Le cercle vicieux de l'inflammation chronique
L'inflammation chronique dans le cerveau peut endommager les neurones et accélérer le déclin cognitif. Selon Allen du Salk Institute, « l'inflammation chronique est susceptible de reconfigurer les cellules constituantes du cerveau via des processus épigénétiques pour répondre de manière aberrante, alimentant des interactions entre neurones, cellules gliales et cellules immunitaires qui pourraient contribuer à la maladie » (Allen, 2024).
Ce cercle vicieux illustre l'importance de maintenir une communication neuro-immune saine. Un système nerveux dysfonctionnel peut créer une inflammation chronique, qui à son tour endommage davantage le système nerveux.
4. La recherche sur la manipulation vertébrale et l'immunité
Ce que les études montrent
Une revue systématique publiée dans JAMA Network Open (Chow et al., 2021), citée 18 fois, a analysé les études évaluant la thérapie par manipulation vertébrale et la fonction immunitaire. Les auteurs rapportent que « la thérapie par manipulation vertébrale était associée à des changements immédiats dans les niveaux de biomarqueurs immunologiques sélectionnés (neutrophiles polymorphonucléaires, monocytes, TNF-alpha, interleukine 1-bêta, interleukine-2, immunoglobuline G, et immunoglobuline M) chez les participants asymptomatiques comparé à la manipulation fictive et aux groupes contrôles » (Chow et al., 2021).
Les études de Teodorczyk-Injeyan et al. ont démontré une augmentation significative de la production d'interleukine-2 (IL-2) in vitro suite à un traitement par manipulation vertébrale (Teodorczyk-Injeyan et al., 2008). L'IL-2 est une cytokine immunorégulatrice cruciale qui module les réponses biologiques régulées par le système immunitaire.
Une étude de Brennan et al. a conclu que leurs données suggèrent que la manipulation vertébrale, qui génère une force au-dessus d'un certain seuil, « provoque des réponses viscérosomatiques qui affectent l'activité phagocytaire des neutrophiles et des cellules mononucléées, au moins à court terme » (Brennan et al., 2005).
Les nuances importantes
Il est essentiel de noter que la revue de Chow et al. (2021) souligne également que « la durée de ces changements et leur signification physiologique ou clinique est inconnue ». Les auteurs concluent qu'« étant donné le manque de preuves que la manipulation vertébrale est associée à la prévention des maladies infectieuses ou à des améliorations de la fonction immunitaire, d'autres études sont nécessaires » (Chow et al., 2021).
Cette nuance est cruciale. Les études montrent des changements mesurables dans certains biomarqueurs immunologiques après manipulation vertébrale, mais la traduction clinique de ces changements (protection contre les infections, guérison accélérée) nécessite davantage de recherche. Chez Spécifik Performance, nous présentons ces données avec l'honnêteté scientifique qu'elles méritent : prometteuses, mais nécessitant confirmation par des études cliniques supplémentaires. Nous observons toutefois une réponse clinique faorable à ces trouvailles.
5. L'axe corps-cerveau : les découvertes récentes
Le circuit vagal-cNST
Une étude publiée dans Nature en 2024 par Jin et al., citée 250 fois, a démontré l'existence d'un circuit corps-cerveau qui régule la réponse inflammatoire du corps. Les chercheurs ont prouvé que « les cytokines pro-inflammatoires et anti-inflammatoires communiquent avec des populations distinctes de neurones vagaux pour informer le cerveau d'une inflammation émergente » (Jin et al., 2024).
Cette étude a montré que la transection bilatérale sous-diaphragmatique du nerf vague élimine les réponses du noyau du tractus solitaire caudal (cNST) au lipopolysaccharide (LPS), confirmant l'axe immunitaire vagal-cNST. Les cytokines elles-mêmes fonctionnent comme médiateurs immunitaires dans l'axe corps-cerveau, avec les neurones vagaux fonctionnant comme conduit transmettant l'information inflammatoire au cNST (Jin et al., 2024).
Les implications pour la santé globale
Ces découvertes suggèrent que le système immunitaire peut jouer un rôle dans les maladies d'Alzheimer et de Parkinson, et que le cerveau pourrait contribuer aux maladies auto-immunes (Kaech et Allen, 2024).
Selon Nimmerjahn du Salk Institute, « cette compréhension croissante ne transforme pas seulement nos cadres scientifiques de base. La capacité de moduler les interactions neuro-immunes pourrait mener à des classes de traitement entièrement nouvelles. Nous commençons à peine à exploiter le potentiel de ce domaine » (Nimmerjahn, 2024).
6. Les applications pratiques pour votre santé
Le maintien d'une fonction nerveuse optimale
La recherche de Leunig et al. (2025) souligne que le système nerveux influence le développement, la distribution et l'exécution des fonctions des cellules immunitaires. Maintenir une fonction nerveuse optimale via des soins appropriés pourrait donc théoriquement supporter une réponse immunitaire équilibrée.
Les soins chiropratiques visent précisément à optimiser la fonction du système nerveux en restaurant la mobilité vertébrale et en réduisant les interférences nerveuses. Bien que les preuves cliniques directes liant les ajustements chiropratiques à la prévention des infections restent limitées (Chow et al., 2021), les mécanismes neuro-immunes découverts par Leunig et al. (2025) fournissent un cadre théorique expliquant comment l'optimisation nerveuse pourrait influencer l'immunité.
La gestion du stress
Étant donné que la noradrénaline libérée sous stress « épuise » les cellules T (Kaech, 2023), la gestion du stress devient une stratégie de support immunitaire basée sur les preuves. Les techniques de relaxation, la méditation, l'exercice régulier, et le sommeil de qualité peuvent toutes réduire la libération chronique de noradrénaline et préserver la fonction des cellules T.
Le respect des rythmes circadiens
Leunig et al. (2025) mentionnent spécifiquement les « signaux circadiens » parmi les stimuli auxquels les systèmes nerveux et immunitaire répondent collaborativement. Un sommeil régulier et de qualité respecte ces rythmes circadiens naturels et supporte la communication neuro-immune optimale.
Les conseils pratiques pour optimiser votre connexion neuro-immune
Maintenir une colonne vertébrale mobile et fonctionnelle : Les études montrent des changements dans les biomarqueurs immunologiques après manipulation vertébrale (Chow et al., 2021). Des évaluations régulières de la fonction vertébrale chez un chiropraticien qualifié peuvent aider à identifier et corriger les restrictions de mobilité qui pourraient potentiellement affecter la transmission nerveuse.
Gérer activement le stress chronique : La recherche de Kaech (2023) démontre que le stress chronique épuise les cellules T via la noradrénaline. Intégrer des pratiques de gestion du stress quotidiennes (respiration profonde, méditation, exercice, temps dans la nature) peut préserver la fonction immunitaire.
Respecter vos rythmes circadiens : Dormir et se réveiller à des heures régulières supporte les signaux circadiens qui modulent l'immunité (Leunig et al., 2025). Viser 7-9 heures de sommeil par nuit dans un environnement sombre et frais.
Maintenir une activité physique régulière : L'exercice modéré stimule le nerf vague et peut activer la voie cholinergique anti-inflammatoire (Tracey, 2007). Éviter cependant le surentraînement qui peut créer un stress chronique.
Adopter une alimentation anti-inflammatoire : Les aliments riches en oméga-3, fruits, légumes, et fibres supportent une réponse inflammatoire équilibrée. Réduire les aliments ultra-transformés, sucres raffinés, et huiles industrielles qui peuvent promouvoir l'inflammation chronique.
Consulter lors de signes de dysfonction nerveuse : Engourdissements, picotements, faiblesse, ou douleur irradiante peuvent indiquer une compression ou irritation nerveuse. Une évaluation professionnelle peut identifier la cause et proposer un plan de traitement approprié.
Éviter les toxines qui affectent le système nerveux : L'alcool excessif, le tabac, et certaines substances peuvent altérer la fonction nerveuse et indirectement affecter la communication neuro-immune.
La conclusion : une vision intégrée de la santé
La recherche de Leunig et al. (2025) dans Nature Reviews Immunology marque un tournant dans notre compréhension de la physiologie humaine. Les systèmes nerveux et immunitaire ne sont pas des entités séparées mais un « réseau intégré qui est plus que la somme de ses parties ». Cette communication bidirectionnelle constante influence le développement des cellules immunitaires, leur distribution dans le corps, et l'exécution de leurs fonctions protectrices.
Le réflexe inflammatoire découvert par Tracey (2007) et la voie cholinergique anti-inflammatoire démontrent que le système nerveux possède la capacité intrinsèque de moduler l'inflammation. La stimulation du nerf vague peut réduire de 52% le gonflement articulaire dans l'arthrite (Levine et al., 2014). Le stress chronique, via la libération de noradrénaline, peut « épuiser » les cellules T et compromettre l'immunité anti-tumorale (Kaech, 2023).
Ces découvertes valident une approche intégrée de la santé. Optimiser la fonction du système nerveux via des soins chiropratiques appropriés, gérer le stress, respecter les rythmes circadiens, et maintenir un mode de vie sain ne sont pas des pratiques alternatives mais des stratégies alignées avec la science neuro-immunologique émergente.
Chez Spécifik Performance Gatineau, nous intégrons cette compréhension dans notre approche interdisciplinaire. Les ajustements chiropratiques visent l'optimisation nerveuse. La physiothérapie et la kinésiologie renforcent les systèmes qui supportent cette fonction. L'éducation patient crée l'autonomie nécessaire pour maintenir les gains long terme. Comme l'a écrit Jordan Peterson dans 12 Règles pour une vie, l'ordre émerge quand les systèmes travaillent en intégration véritable, et votre santé optimale émerge quand vous reconnaissez que votre système nerveux et votre système immunitaire ne font qu'un.
Les questions FAQ
Q : Comment le système nerveux et le système immunitaire communiquent-ils exactement?
R : Selon Leunig et al. (2025) dans Nature Reviews Immunology, les deux systèmes « partagent une architecture et un vocabulaire communs, permettant une connexion et une communication bidirectionnelles ». Les cellules immunitaires possèdent des récepteurs pour les neurotransmetteurs (Kaech, 2023). Le nerf vague transmet des signaux entre le cerveau et les organes périphériques. L'acétylcholine libérée se lie aux récepteurs nicotiniques alpha-7 sur les macrophages, modulant leur production de cytokines (Tracey, 2007). Cette communication se produit dans le cerveau, au sein des organes périphériques, et à distance via le nerf vague.
Q : Le stress affecte-t-il vraiment le système immunitaire via le système nerveux?
R : Oui, selon la recherche peer-reviewed. Leunig et al. (2025) confirment que les systèmes nerveux et immunitaire « collaborent pour détecter et répondre aux stimuli internes et externes, incluant le stress psychologique ». Kaech (2023) au Salk Institute a démontré que la noradrénaline libérée sous stress met les cellules T dans un état « épuisé » où elles ne peuvent plus organiser une réponse immunitaire efficace, incluant la réponse anti-tumorale. Le stress chronique crée donc une suppression immunitaire mesurable via des mécanismes nerveux directs.
Q : Les ajustements chiropratiques peuvent-ils « booster » le système immunitaire?
R : La recherche montre des changements mesurables dans certains biomarqueurs immunologiques après manipulation vertébrale. Chow et al. (2021) dans JAMA Network Open rapportent des changements immédiats dans les niveaux de TNF-alpha, IL-1bêta, IL-2, IgG, et IgM après manipulation. Cependant, les auteurs notent que « la durée de ces changements et leur signification clinique est inconnue » et que « d'autres études sont nécessaires ». Les ajustements chiropratiques peuvent influencer les biomarqueurs immunologiques, mais les preuves cliniques directes de prévention des infections restent limitées.
Q : Qu'est-ce que le réflexe inflammatoire et pourquoi est-il important?
R : Le réflexe inflammatoire, décrit par Tracey (2007) dans une étude citée 2 123 fois, est un mécanisme physiologique par lequel le système nerveux maintient l'homéostasie immunologique. Quand une inflammation se développe, les nerfs sensoriels informent le cerveau, qui répond via le nerf vague pour moduler la réponse immunitaire. Ce réflexe utilise la voie cholinergique anti-inflammatoire où l'acétylcholine inhibe la production de cytokines pro-inflammatoires. Levine et al. (2014) ont démontré une réduction de 52% du gonflement articulaire via stimulation de cette voie.
Q : Comment puis-je optimiser ma connexion neuro-immune naturellement?
R : Plusieurs stratégies basées sur la recherche supportent la communication neuro-immune. Maintenir une fonction vertébrale optimale via soins chiropratiques peut influencer les biomarqueurs immunologiques (Chow et al., 2021). Gérer le stress réduit la libération de noradrénaline qui « épuise » les cellules T (Kaech, 2023). Respecter les rythmes circadiens via un sommeil régulier supporte les signaux modulant l'immunité (Leunig et al., 2025). L'exercice modéré stimule le nerf vague et la voie anti-inflammatoire (Tracey, 2007). Une alimentation anti-inflammatoire réduit le fardeau inflammatoire chronique.
Q : La neuroimmunologie change-t-elle notre approche des maladies chroniques?
R : Oui, significativement. Nimmerjahn (2024) du Salk Institute affirme que « la capacité de moduler les interactions neuro-immunes pourrait mener à des classes de traitement entièrement nouvelles ». La recherche suggère que le système immunitaire joue un rôle dans Alzheimer et Parkinson, et que le cerveau contribue aux maladies auto-immunes (Kaech et Allen, 2024). Allen note que « l'inflammation chronique est susceptible de reconfigurer les cellules du cerveau » contribuant à la maladie. Cette compréhension intégrée ouvre des approches thérapeutiques ciblant la connexion neuro-immune plutôt que chaque système isolément.
Les références
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Brennan, P. C., et al. (2005). Enhanced phagocytic cell respiratory burst induced by spinal manipulation. Journal of Manipulative and Physiological Therapeutics, 14(7), 399-408. DOI: 10.1016/s0161-4754(91)90099-4
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Avertissement : Cet article présente une analyse de la recherche scientifique peer-reviewed publiée dans Nature Reviews Immunology, JAMA Network Open, Journal of Clinical Investigation, et autres revues reconnues. Il ne constitue pas un diagnostic ni une prescription de traitement spécifique. Bien que la recherche démontre des connexions fascinantes entre les systèmes nerveux et immunitaire, et que certaines études montrent des changements dans les biomarqueurs immunologiques après manipulation vertébrale, les preuves cliniques directes liant les soins chiropratiques à la prévention des maladies infectieuses restent limitées et nécessitent davantage de recherche. Les informations présentées visent l'éducation et ne remplacent pas les conseils d'un professionnel de santé qualifié.